« Oh regarde, les verres de cantine : des Durex, c’est ça ?
Non, andouille, des Duralex ! »
L’andouille sus-nommée se saisit alors d’un de ces fameux verres et le faisant tourner entre ses doigts, tout lui revient comme une vague scélérate donc puissante, inattendue, dévastatrice :
Ce numéro, dans le fond du verre qui servait d’initiation à la numérologie : à quel âge, dans combien de temps je vais me marier ; ou plus prosaïquement : celui ou celle qui a le chiffre le plus petit desservira la table !
Cette géométrie bien particulière : Avec son petit ventre, c’est presque un culbuto ; et quand « les dames de la cantine les ramassent, elles les empilent en un boa constrictor, avec un « clong-clong » bien caractéristique.

Mais le plus fort du plus fort du verre, c’est de procéder à son test de résistance : Il vous échappe des mains, tombe au sol, et sous votre regard figé il se métamorphose en kangourou au cliquettement cristallin (oui oui ça « cliquette » un kangourou, ça c’était pour la « séquence culture » du jour); et là, de deux choses l’une :
Il finit par s’immobiliser, intact…et ça vous coupe le sifflet !
Il finit par se rompre dans un bruit de vitrine brisé en milliers de petits morceaux qui vont aller se nicher partout au sol, et surtout dans les endroits les plus improbables !
En reposant doucement le verre, vous vous dites (oui, au final dans l’histoire on dit que l’andouille c’est vous) quel paradoxe ce verre, si ordinaire et si particulier, si banal et si étrange…
Et vous sortez de vos songes :
« Madame, c’est combien la série de verres ? »

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